Échouages des mammiféres marins

Intervention sur les mammifères marins échoués

Publié le 10 octobre 2007 par Laëtitia DUPUIS

L’association Picardie Nature est membre du Réseau National d’Echouage des mammifères marins coordonné par le MEDD et le CRMM.

Picardie Nature intervient sur les mammifères marins échoués entre Le Touquet (Pas de Calais) et Penly (Seine Maritime).

1 - Les mammifères marins échoués morts

De quelle espèce s’agit-il ?
La morphologie (la couleur du pelage ou de la peau, la taille, le nombre de dents, la forme des nageoires, la forme de la tête...) permettent de reconnaitre précisément l’espèce concernée.

De quoi est-il mort ?
Lorsque l’état de fraicheur de l’animal le permet, il est transporté pour autopsie au Laboratoire vétérinaire de la Somme d’Amiens.
Ainsi les organes internes sont examinés, des prélèvements sont réalisés et analysés. Il est alors possible de déterminer une probable cause de la mort : traumatismes, pathologies...

Lorsque l’état de fraicheur ne permet pas l’autopsie, des prélèvements sont réalisés sur place et l’animal est pris en charge par les services d’équarrissage.

Pourquoi s’intéresser aux animaux morts ?
Les mammifères marins sont très difficiles à étudier en milieu naturel. Les autopsies permettent d’approfondir les connaissances sur les epèces mais également de connaitre les pathologies qui atteignent les populations sauvages.
Certaines espèces n’ont jamais été observées vivantes dans la Manche mais l’intervention sur leur échouage a permis de connaitre leur présence.

2 - Les mammifères marins échoués vivants

L’intervention sur un mammifère marin vivant se fait différemment s’il s’agit d’un pinnipède ou d’un cétacé.

Dans les deux cas, l’intervention est réalisée le plus rapidement possible après signalement de l’animal au 05 46 44 99 10
Voyons les cas les plus fréquents

Il s’agit d’un phoque

Dès son arrivée sur place, l’équipe de Picardie Nature s’assure de l’état de détresse de l’animal. Le plus souvent le phoque se trouve très loin du rivage et est incapable d’y retourner seul. Cependant il est important de confirmer que le phoque est bien seul (s’il s’agit d’un jeune par exemple nous devons bien vérifier que sa mère ne le cherche pas à proximité), loin de la colonie. Ensuite, un premier bilan de santé permet de diagnostiquer un état de maigreur, un état de fatigue, une hypo ou hyperthermie, une pathologie quelconque ou des blessures diverses.

Le phoque est alors prélevé de son milieu naturel. Il est réhydraté sur place puis emmené vers un centre de soins.
Dans un premier temps le phoque est placé en "quarantaine". Il s’agit d’un enclos comprenant une partie plateau qui lui permet de se reposer au sec et une partie bassin. Les phoques présents sont placés séparémment dans diverses quarantaines.
A son arrivée au centre de soins, le phoque ne sait, très souvent, pas déglutir : il est alors nourri de bouillies de poissons par sonde oesogastrique puis de poissons entiers par gavage. Le phoque reste dans cet enclos jusqu’à ce qu’il soit capable de se nourrir seul. Cette phase dure en général 6 à 8 semaines.

Une fois sevré, le phoque est déplacé en piscine en compagnie d’autres phoques. La nourriture lui est alors déversée dans l’eau et il se nourri seul. Il reste là jusqu’à ce qu’il atteigne un poids respectable. (En milieu naturel, un jeune phoque né à 10kg et lorsque sa mère le laisse, 3 semaines plus tars, il pèse 35kg. En général, un jeune phoque échoué pèse 8 à 10 kg et sort de centre de soins uniquement lorsqu’il a atteint le poids de 35 kg). Cette phase dure en général 6 semaines.

Dès que l’état de santé du phoque le permet, la remise en milieu naturel est organisée. Le phoque est marqué à l’aide d’une bague à la nageoire postérieur, celle-ci identifie l’individu et permet de le reconnaitre en cas de ré-échouage. Il est également marqué à l’aide d’une plaque colorée colée aux poils au sommet du crâne, celle-ci permet à l’association de pouvoir le repérer lors des séances d’observations. Nous pouvons alors nous assurer de sa bonne réadaptation aux comportements naturels : repos en colonie sur les reposoirs de marée basse, prospection individuelle pour la chasse à marée haute.

Il s’agit d’un cétacé

Lorsqu’un petit cétacé s’échoue vivant, il est maintenu dans l’eau pendant toute la durée de l’oscultation vétérinaire :
- si aucun trouble pathologique ou physique n’est décelé, l’animal s’est très probablement perdu et peut être renfloué en mer ;
- dans le cas contraire il est transporté vers le centre de soins le plus proche, situé à Hardewijk au Pays-Bas.

Lorsqu’un grand cétacé s’échoue vivant, son sort dépend du matériel disponible pour le bouger et de l’accessibilité du lieu d’échouage :
- lorsque c’est possible l’animal peut-être ramené en pleine mer à l’aide d’un bateau remorque ;
- dans le cas contraire, il est euthanasié sur place pour abréger ses souffrances.


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