Tour de France des accidents nucléaires : les propositions de FNE pour l’arrêter

Publié le 18 juillet 2008

Communiqué de Presse

vendredi 18 juillet 2008

Tour de France des accidents nucléaires : les propositions de FNE pour l’arrêter

Alors que le Gouvernement vient de rédiger un projet de décret qui vise à freiner le développement de l’éolien, les accidents nucléaires de cette semaine au Tricastin et à Romans sur Isère démontrent qu’il ferait mieux de s’en prendre à la gestion actuelle de la filière nucléaire ! FNE présente ses propositions pour en sortir.

1° Abroger la loi du 13 juin 2006 sur la « transparence et la sécurité nucléaire » et supprimer l’ASN

France Nature Environnement s’était très fortement mobilisée contre cette loi dite de « transparence et de sécurité nucléaire », votée en catimini le 13 juin 2006. Cette loi a permis la création de l’Autorité de Sûreté nucléaire, qui concentre tous les pouvoirs de gestion, de contrôle et d’information sur la filière nucléaire, aux mains de 5 directeurs démocratiquement et juridiquement irresponsables.

En cas d’accident nucléaires, comme depuis le début de cette semaine, le Ministre en charge de l’Energie ne peut que commenter les évènements ou saisir l’ASN. L’ASN doit disparaître et le Ministre en charge de l’Energie, responsable devant le Parlement, doit récupérer la tutelle des fonctionnaires spécialisés.

2° Faire un audit de la situation.

Pour FNE, il est indispensable de donner une suite favorable à la proposition de la Commission européenne d’envoyer des inspecteurs indépendants sur place. Des organismes indépendants comme la CRII RAD devraient également avoir le droit de procéder à toutes les investigations nécessaires.

Par ailleurs, la création d’une commission d’enquête parlementaire devrait aussi permettre une réflexion sur l’avenir de la loi du 13 juin 2006. Enfin, FNE n’exclut pas de conduire une action en justice.

3° Démocratiser la gestion de la filière nucléaire

Les associations membres de FNE siègent dans toutes les « Commission locales d’informations » placées prés de chaque site nucléaire. Le rôle de ces commissions est trop souvent limité à écouter les discours prédigérés de responsables qui ont toujours considéré que le nucléaire est une matière trop complexe pour être partagée avec des personnes extérieures à leur famille.

La loi du 13 juin 2006 et ses décrets d’application ont pris soin de minorer la place et l’influence des associations dans ces commissions et de les rendre dépendantes financièrement de l’ASN.

FNE demande que ces Commissions soient indépendantes, aient la maîtrise de leur fonctionnement, soient financées par le produit de la taxe sur les installations nucléaires de base, disposent de vrais pouvoirs d’investigations et puissent faire appel à une expertise indépendante.

4. Répéter que le nucléaire n’est ni une énergie renouvelable, ni une réponse au dérèglement climatique.

Le Grenelle de l’environnement a au moins permis d’acter de la nécessaire réduction de notre consommation d’énergie. Pourtant, sans aucune consultation d’aucune institution et d’aucun acteur du Grenelle, l’Etat a unilatéralement décidé de créer un 2e EPR en France et a présenté le nucléaire comme une réponse au changement climatique, ce qui est un non sens scientifique.

5. Calculer l’impact écologique exact du nucléaire

Le coût exact du démantèlement des installations nucléaires et du stockage des déchets nucléaires n’a jamais été rendu public. Nous sommes en train de léguer sans scrupule, aux générations futures, des poubelles nucléaires. Or, il est désormais admis que les centres de stockage fuient. Cessons les mensonges et calculons l’impact écologique et financier exact du nucléaire, y compris sur le long terme.

FNE demande également l’abrogation du décret du 3 mars 2008 par lequel le Gouvernement a autorisé en silence que la France devienne la poubelle nucléaire du monde en assouplissant l’accueil des déchets nucléaires étrangers !

6. Fermer immédiatement les installations nucléaires les plus dangereuses

Nombre de centrales nucléaires édifiées dans les années 70 présentent désormais des risques de sécurité inacceptables comme Fessenheim en Alsace. FNE attend du Gouvernement un plan d’identification et de fermeture à court terme de ces sites.


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