Procès de la Conf’ : une journée militante contre les Grands Projets Inutiles

Publié le 31 octobre 2014

Ce sont des milliers de militants venus de toute la France et bravant le froid qui se sont réunis mardi 28 octobre en soutien aux 9 prévenus et militants de la Confédération Paysanne. Pour rappel ces syndicaliste de la "conf" sont inculpés pour le démontage symbolique du robot de traite de l’usine à vache de M. Ramery.

Ce fut l’occasion pour toutes les associations combattant le projet de M. Ramery, mais aussi tous les grands projets inutiles (GPI) comme les militants de Notre Dame des Landes, d’exprimer leur soutien à ces militants.

Cette journée a malheureusement été marqué par le décès de Rémi FRAISSE survenu 2 jours auparavant lors d’une manifestation contre un projet lui aussi inutile et dénoncé par les associations de protection de l’environnement. Un vibrant hommage lui fut rendu tout au long de la journée.

Des débats, concerts, un faux procès contre l’industrialisation de l’agriculture ont ainsi animés toute la journée en soutien aux inculpés dans l’attente de leur jugement.

Celui-ci fut rendu dans la soirée et les peines prononcées sont lourdes allant de l’amende à la prison avec sursis. Le délibéré, rendu très rapidement après la fin de l’audience, étonne par sa sévérité contre une action syndicale et militante.

Discours de Patrick THIERY, Président de Picardie Nature devant le Tribunal d’Amiens :

Ailleurs en France des personnes se mobilisent contre un modèle de développement toujours plus consommateur de ressources naturelles et qui dégrade l’environnement en même temps qu’il appauvrit les liens sociaux

Ailleurs en France des associations comme Picardie Nature, affiliées à France Nature Environnement veulent porter un plaidoyer pour défendre l’intérêt général, pour un développement durable. Mais aujourd’hui le mouvement FNE est en deuil. Rémi FRAISSE jeune bénévole investi au sein de Midi Pyrénées est décédé, dimanche, en marge de la manifestation citoyenne contre le projet de Sivens dans le Tarn.

Rémi était un bénévole actif au sein de Nature Midi Pyrénées, botaniste, il suivait la flore protégée en Haute Garonne. Nous condamnons bien évidemment les violences qui entourent la lutte contre ce projet inutile qui ne servira que les intérêts de quelques uns avides de développer la maïsiculture.

Nous condamnons aussi l’acharnement des forces de police, sur place en vallée du Tescon, depuis le 1er septembre. A quoi la charte de l’environnement promulguée en 2005, adossée à la constitution française qui édicte le devoir pour toute personne de prendre part à la préservation de l’environnement ? A quoi sert cette charte si les citoyens qui agissent pour cette préservation de l’environnement sont traités avec désinvolture comme ce fut le cas lors de l’enquête publique pour le projet des 1000 vaches, avec mépris par la Préfecture lorsqu’ils demandent une simple copie du permis de construire délivré à M. Ramery ?

A quoi servent les discours des hommes politiques qui déclarent que ce type d’élevage industriel n’est pas leur modèle agricole mais qui se montre en même très conciliant avec M. Ramery ? Croient-ils que nous sommes des idiots ? Nous sommes des citoyens éclairés et nous savons que le modèle agro-industriel dégrade les sols, altère la qualité des eaux souterraines et de surfaces, détruit la biodiversité, fait disparaître des exploitations et souffrir des paysans, est à l’origine d’une épidémie d’obésité et de diabète qui aura un coût humain et financier considérable dans les prochaines années.

Il est temps que nos dirigeants se dépolluent l’esprit et arrêtent de penser que la recherche permanente de productivité est le Saint Graal quitte à fouler au pied les valeurs d’humanismes et la recherche d’harmonie avec la nature. Je ne suis pas un poète quand je dis cela, c’est un besoin de l’Homme, la nature apporte du bien être. Je m’interroge donc. Pourquoi est-il si difficile pour nos dirigeants de se remettre en question et d’abandonner les projets insensés qu’ils veulent nous imposer ? En tous cas, ici, dans la Somme, comme à Notre Dame des Landes ou à Sivens dans le Tarn, la responsabilités des pouvoirs publics et de l’État est engagée.


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