Communiqué : Un aigle en baie de Somme !

Publié le 6 janvier 2009

Arrivé sur le site des bas-champs de Cayeux/mer aux environs de Noël, un grand rapace de plus de 2 mètres d’envergure séjourne depuis cette date sur le littoral picard, dans les environs du Hâble d’Ault (au sud de la baie de Somme). Cet oiseau a été repéré par des ornithologues de Picardie Nature mais aussi par les chasseurs locaux qui, à l’occasion d’échanges sur le terrain, leur ont fait part de leurs observations de cet aigle impressionnant. Sa présence est exceptionnelle en Picardie : la dernière observation au Hâble d’Ault remonte à plus de 25 ans (1982) ! C’est une espèce qui se reproduit principalement en Norvège, en Europe de l’est et en Russie, et cet oiseau ne fréquente notre pays que pour y passer la mauvaise saison. En France, chaque hiver, une dizaine d’individus sont observés pendant quelques mois, notamment dans les zones humides. Cette espèce nichait encore en France dans les années 30.

Impressionnant, le Pygargue à queue blanche l’est bien : pouvant peser de 3 à 7 kilogrammes et atteindre une envergure de 2m40, doté d’un bec particulièrement puissant, le Pygargue à queue blanche est une force de la nature !
Son comportement est en revanche souvent indolent : il passe de longs moments inactifs posé dans les labours, où il est souvent houspillé par des Corneilles noires taquines qui tournent autour de l’oiseau et tentent de lui saisir des plumes ! Mais le Pygargue sait aussi prendre sa revanche : volontiers charognard et chapardeur, il a été vu en train de s’accaparer la proie qu’une Corneille avait capturée.
Le Pygargue peut aussi bien se contenter de cadavres que capturer des poissons ou des oiseaux d’eau. Dans le contexte de la vague de froid qui sévit, il est vraisemblable qu’il saura tirer parti de l’affaiblissement de certains oiseaux ou des cadavres de ces derniers.
Le Pygargue est une espèce protégée. Il offre à tous le spectacle magnifique d’un immense oiseau de proie, tout à fait inhabituel dans notre région. Il est aussi le symbole d’une nature sauvage qui a déjà trop reculé.
Offrir à cet oiseau la possibilité de poursuivre son séjour dans un secteur où la chasse est solidement implantée est un objectif qui doit réunir les chasseurs et les non chasseurs, au delà de leurs éventuelles différences de sensibilité.
Admirons et respectons cet oiseau !

Conseils pratiques pour voir l’oiseau sans le déranger :

Le Pygargue à queue blanche qui séjourne depuis les environs de Noël dans les bas-champs de Cayeux/mer est régulièrement visible de la route reliant Brutelles à Cayeux/mer (la D 102). Il est généralement posé à l’ouest de la route dans les labours ou les prairies en milieu de journée dans les environs des fermes de l’Enviette, de la basse Enviette et de Chanteraine.

Moyennant toutes les précautions de sécurité nécessaires, il est ainsi possible d’observer le Pygargue à partir de la route départementale et de sa voiture. Il est préférable, si l’oiseau est relativement proche (moins de 300 à 500 m), de ne pas sortir de la voiture pour l’observer, tandis qu’il est vivement déconseillé de tenter de s’en rapprocher en quittant les voies goudronnées : le Pygargue est en effet assez farouche et sensible au dérangement.

Nous invitons par ailleurs les éventuels visiteurs à respecter les propriétés privées et les différents usages en vigueur. Il est en effet essentiel de montrer que l’observation de la nature peut se faire sans dommage aux autres activités, la réciproque devant bien entendu être également de mise !

Pour tout complément d’information

ou faire part de vos observations :
Picardie Nature : www.picardie-nature.org ; contact : Sébastien Legris
Office national de la chasse et de la faune sauvage. Brigade d’Abbeville. Tél : 03 22 24 51 63

Contact presse :

Thierry Rigaux, ornithologue. Tél : 06 73 30 62 46

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POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE PYGARGUE A QUEUE BLANCHE

Consulter par exemple l’encyclopédie wikipedia sur internet, l’ouvrage « Guide des rapaces d’Europe » de Gensbol Benny chez Delachaux & Niestlé ...

Nom scientifique : Haliaeetus albicilla
Nom anglais : White-tailed Eagle (« Aigle à queue blanche »), mais aussi Sea Eagle (« Aigle marin »)

Population nicheuse de 5000 à 6600 couples sur l’ensemble du Paléarctique occidental (toute l’Europe plus une partie de la Russie),.

Voici un ensemble de compléments d’information issus principalement de wikipedia

Pouvant peser entre 3 et 7 kilogrammes, et vivre jusque 20 ans, le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) est un rapace de très grande taille dont l’envergure est comprise entre 2 mètres et 2,45 mètres. Il est caractérisé par de très larges ailes et un énorme bec, ce qui le fait ressembler un peu à un vautour. Mais contrairement à cette dernière espèce, le Pygargue à queue blanche n’est pas uniquement charognard et capture donc des proies vivantes. A l’état adulte, l’oiseau présente une queue blanche qui contraste avec le reste du corps, sombre.

Le juvénile est beaucoup plus foncé, gagnant progressivement le plumage adulte en 5 ou 6 ans. La queue et le bec sont foncés, et la queue présente une bande terminale foncée chez les sub-adultes, avant de blanchir.

Le Pygargue qui est arrivé sur notre côte est un jeune oiseau.

Habitat
Le pygargue à queue blanche est une espèce liée aux milieux aquatiques (côtes maritimes, grandes rivières, lacs, etc.), soit à l’intérieur des terres, soit au bord de mer. Dans les terres, le pygargue à queue blanche se plaît au bord des lacs et des fleuves propices à la prédation, dans la toundra et dans la forêt. Sur les côtes, il fréquente les falaises rocheuses escarpées.
Son aire de répartition, en période de reproduction, s’étend au Groenland, au nord de l’Europe et en Sibérie. En dehors de l’ex-URSS, trois pays accueillent une forte population de pygargues à queue blanche : la Norvège, l’ex-Allemagne de l’Est et la Pologne.

Comportement
Cinq années sont nécessaires pour atteindre la maturité sexuelle. Oiseau particulièrement discret en dehors de la période de reproduction. Il possède quasiment la même technique de chasse que les autres pygargues ou aigles pêcheurs, à la différence qu’il fait preuve d’endurance et est capable de poursuivre sa proie jusqu’à épuisement.
En Europe, les pygargues à queue blanche adultes sont en général sédentaires. Les oiseaux nordiques (nord de la Russie et Laponie) descendent vers le sud en hiver. Les oiseaux âgés vagabondent un peu mais les jeunes bougent davantage et sont presque migrateurs.
Les couples (adultes) restent sur leur territoire à l’année. Ils sont unis pour la vie et se reproduisent dans le même territoire chaque année. Au printemps, les parades aériennes se déroulent au-dessus du territoire. Les deux partenaires volent à environ 200 mètres de hauteur, proches l’un de l’autre, et effectuent des figures, des piqués et simulent des attaques.

Le pygargue à queue blanche se nourrit d’oiseaux, de mammifères ou de poissons. Il apprécie les oiseaux d’eau (mouettes et goélands, oies, foulques, canards etc...) mais il est surtout friand de poissons. Il ne dédaigne pas les cadavres quand les temps sont durs et que la nécessité se fait sentir. Il chasse à l’affût, en volant assez bas ou en décrivant des cercles en hauteur afin de repérer ses proies.
Le pygargue à queue blanche tient ses ailes tendues à plat ou légèrement arquées quand il plane. Quand il glisse, elles sont serrées vers l’avant, et plutôt aplaties ou un peu arquées, souvent avec la main abaissée. Le vol est lourd, avec des séries de battements peu profonds, intercalés de courts glissés. En vol, le pygargue à queue blanche rappelle souvent le vautour.

Il pêche sur les eaux calmes qui lui permettent de voir les poissons. Quand une proie est repérée, il vole brièvement sur place, juste au-dessus, puis il la saisit au cours d’un vol rasant, en projetant rapidement ses serres dans l’eau. Il peut aussi rester immobile ou patauger sur le bord pour y trouver des poissons. Plus rarement, il pratiquera aussi le piqué. Lorsqu’un poisson est trop lourd, il le tire jusqu’à la rive en battant des ailes. Les oiseaux et les mammifères sont plutôt capturés par surprise. Il épuise les oiseaux aquatiques et leur chasse est plus longue. Sa victime plonge pour éviter l’attaque, et il choisit le moment où elle remonte pour se précipiter sur elle. C’est en répétant ces attaques qu’il parvient à capturer sa proie. Il capture aussi des oiseaux en vol, anatidés ou grands corbeaux par exemple. Il passe beaucoup de temps perché, sans bouger, sur un arbre, ou s’aventure en planant à travers son territoire.

Conservation – Avenir de l’espèce
Même si actuellement les effectifs du pygargue à queue blanche sont en légère croissance, grâce à l’abandon des polluants les plus toxiques, et à sa protection dans toute l’Europe, la population dans l’Union européenne ne dépasse pas les 1700 couples (Birds in Europe, 2004). Les empoisonnements, la pollution des eaux, le braconnage (tir, prélèvements d’œufs et de poussins) ainsi que la destruction et la disparition des zones humides sont les principaux dangers qui la menacent.


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