Phoques

Les soins administrés aux phoques au centre de sauvegarde de la faune sauvage

Publié le 1er janvier 2016 par Laëtitia DUPUIS

Dès le début des années 1990, Picardie Nature a été sollicitée pour intervenir sur des échouages de phoques vivants : jeunes séparés de leur mère, animaux blessés ou malades.

Après avoir effectué les premiers soins, les animaux étaient transportés vers un centre de soins adapté :
- de 1990 à 2000, les animaux ont été soignés à la zeehondencreche de Pieterburen aux Pays-Bas,
- de 2001 à 2005, les animaux ont été soignés au centre du CHENE d’Allouville-Bellefosse.

Face aux échouages de plus en plus nombreux chaque année, Picardie Nature a décidé de mettre en place des installations pour accueillir les phoques échoués vivants. Ainsi, chaque année depuis 2006, nous soignons des phoques qui s’échouent sur le littoral Picard, jusqu’à ce qu’ils puissent regagner leur milieu naturel.
La majorité des recueils concernent des jeunes phoques veaux-marins non émancipés. Suite à de mauvaises conditions météorologiques ou à des mises à l’eau précipitées de la colonie durant son temps de repos à marée basse (provoquées par des activités humaines pratiquées à moins de 300 mètres du reposoir), ces phoques se retrouvent séparés de leur mère. N’étant pas autonomes, ils se laissent dériver jusqu’à s’échouer sur une plage.

A son arrivée, le phoque est placé dans une "quarantaine", c’est une structure présentant un plateau et un petit bassin dont l’accès est restreint.

photo : jeune Phoque veau-marin en quarantaine

Dans un premier temps, le phoque est réhydraté à l’aide d’une sonde oesogastrique, toutes les 4 heures, jusqu’à ce qu’il ne présente plus aucun signe de déshydratation.

photo : phoque en bon état d’hydratation (Aldébaran présente de belles lunettes autour des yeux)

Ensuite, il est nourri, selon un protocole établi, de bouillies de poissons constituées de sels de réhydratation oraux, d’eau et de morceaux de harengs mixés. Cette soupe est donnée par sonde oesogastrique. La concentration en poisson est augmentée chaque jour pour atteindre 250 grammes le 10ème jour.
Pendant cette période, le phoque doit retrouver des forces. L’accès au bassin est réduit de 2 à 4 heures par jour, de manière à ce qu’il ne perde pas trop d’énergie dans l’eau. Lorsqu’il est hors de l’eau, il dispose d’une lampe IR pour l’aider à maintenir sa température constante.

photos : nourrissages par intubation à l’aide d’une sonde oesogastrique

L’étape suivante peut durer quelques jours comme plusieurs semaines selon les animaux ! Le phoque est nourri par gavage, de harengs entiers, en suivant le protocole de nourrissage établi. L’accès au bassin est possible durant la journée entière et un poisson est laissé à sa disposition pour l’inciter à se nourrir seul.

photos : nourrissages par gavage

photo : phoques (Alcyone et Calypso) jouant avec un poisson

photo : phoque (Nautilus) prenant les poissons à la main

Une fois que nous sommes certains que le phoque se nourrit seul, nous le plaçons en bassin extérieur. Il est alors nourri de poissons entiers trois fois par jour, que les soigneurs jettent dans le bassin. Il se sociabilise avec les autres phoques présents dans le bassin, il profite du soleil à sa guise, il nage pour se muscler et grossit pour atteindre le poids de remise en milieu naturel (différent selon l’âge des animaux, par exemple, pour un jeune de l’année il est d’une trentaine de kilos).

photos : phoques en bassin extérieur


Le phoque est préalablement bagué. Il s’agit d’une bague en plastique blanche mesurant 45 mm x 20 mm sur laquelle est indiquée "CRMM" pour Centre de recherche sur les mammifères marins (organisme qui nous a mis les bagues à disposition et qui coordonne le Réseau National Echouage) et de l’autre, un numéro à 3 chiffres. Chaque bague est unique, elle est fixée dans la palmure d’une des nageoires postérieures. Chaque phoque peut alors être identifié facilement en bassin extérieur. Il sera également facilement identifiable en milieu naturel, si il est observé de près, voire, de nouveau retrouvé échoué.

photo : bague

Quelques jours avant son retour en milieu naturel, le phoque est marqué d’une plaque en PVC colorée, collée au sommet du crâne. Cette plaque permet une identification de l’animal en milieu naturel. Elle est collée sur les poils et tombe à la mue suivante (au début de l’été suivant).

photo : plaque

Une fois le poids de relâcher atteint et, si la visite vétérinaire détermine que le phoque est en bonne santé et qu’il présente un comportement "sauvage" il est remis en milieu naturel.

photos : retour en milieu naturel de Caraïbes.

En moyenne, les phoques passent trois mois en centre de sauvegarde avant de retrouver leur milieu naturel, suite à leur échouage.

Le centre de sauvegarde de la faune sauvage de Picardie Nature accueille principalement des jeunes Phoques veaux-marins non émancipés. La période de naissances de cette espèce, en baie de Somme, est de la mi-juin à la fin juillet. Les jeunes sont recueillis à cette période et soignés jusqu’à fin septembre, mi-octobre.

Pour sensibiliser les utilisateurs de la baie de Somme au respect du rythme de vie des phoques et de leur environnement, une "surveillance estivale" est mise en place. Ainsi le nombre de mises à l’eau des groupes de phoques à marée basse (pouvant provoquer les séparations mère-jeune) est fortement diminué.

Les actions sur les phoques sont mises en place grâce à l’investissement des bénévoles réguliers de l’association.


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