Protection et cohabitation avec les Chauves-souris

Information sur les chauves-souris et le virus de la rage

Publié le 12 juin 2015 par Sophie DECLERCQ

En raison de leur mode de vie nocturne, leur discrétion dans les gîtes utilisés et le caractère furtif de leurs ballets aériens, les chauves-souris ont depuis longtemps étaient le sujet d’histoires et contes mystérieux.
Dans d’autres contrées, elles sont le symbole du bonheur et de la chance.

Légendes et croyances populaires conduisent à une méconnaissance du mode de vie réel de ces demoiselles de la nuit. Depuis une vingtaine d’année, l’association Picardie Nature parcourt la région pour améliorer nos connaissances sur le mode de vie des chauves-souris de Picardie.

Haut de cheminée dans une chambre au Château de Pierrefonds (60)

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Les actions d’étude et de protection des chauves-souris par Picardie Nature

Picardie Nature étudie l’écologie des chauves-souris en Picardie ; ceci se décline en plusieurs actions.
- recensement en hiver des chauves-souris en hibernation dans les grottes, carrières d’extraction de pierres de taille et autres caves (identification des espèces et dénombrement des effectifs) ;
- étude des chauves-souris du printemps à l’automne lorsqu’elles fréquentent leurs terrains de chasse nocturne dans les bois, les étangs, les prairies... (identification des espèces) ;
-  conseils techniques aux particuliers et collectivités découvrant des chauves-souris invitées chez eux ou dans d’autres types de bâtiments (toitures, greniers, murs, volets...) ;
- étude des chauves-souris utilisant les maisons et autres bâtiments du printemps à l’automne (identification des espèces et dénombrement des effectifs) ;
-  labellisation "Refuge pour les chauves-souris" aux particuliers et collectivités agissant en faveur de ces animaux ;
-  conseils aux personnes ayant trouvé une chauve-souris blessée ou affaiblie (au sol ou sur un mur en plein jour, introduite dans une pièce de vie).
- collaboration avec le laboratoire de l’ANSES et les institutions régionales et départementales.


Petits Rhinolophes installés dans une grange. Un individu mesure environ 8 centimètres.

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Pourquoi la rage est-elle présente chez les chauves-souris ? Paragraphe rédigé avec le concours de l’ANSES

La rage des chiroptères est due à un virus rabique de la même famille (genre Lyssavirus) mais différent de celui de la rage vulpine, qui affecte principalement les carnivores sauvages (dont principalement le renard en Europe). Grâce à la vaccination orale des renards, la France est indemne de rage vulpine depuis 2001 (le dernier cas de rage diagnostiqué sur un renard datant de 1998).

L’épidémiosurveillance de la rage est assurée par le laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy (ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Le laboratoire a renforcé depuis août 2000, à la demande de la Direction Générale de l’Alimentation, le programme d’épidémiosurveillance et de recherches sur les infections à Lyssavirus des chiroptères en France.
La surveillance évènementielle (encore appelée surveillance « passive ») de la rage des chauves-souris repose principalement sur la collecte des cadavres de chauves-souris suivie d’une analyse de la rage.

Le virus de la rage chez les chauves-souris existe mais la probabilité d’entrer en contact avec l’Homme est extrêmement faible  :
- Rencontrer une chauve-souris dans son quotidien est rarissime : en effet la journée elles vivent dans les anfractuosités de bâtiments ou dans les arbres ou les grottes, la nuit elles parcourent les bois, jardins et lacs pour chasser les insectes en grande quantité (mieux connaître les espèces de Picardie : consultez www.clicnat.fr).

- Le virus n’est pas présent chez toutes les chauves-souris : « de 2001 à 2014, sur 3404 chauves-souris collectées de 27 espèces différentes puis envoyées à l’ANSES Nancy pour recherche de rage, 44 chauves-souris ont été diagnostiquées positives, avec 43 cas détectés sur des Sérotines communes et 1 cas sur un Murin de Natterer » (source : ANSES).

- Les chauves-souris existent depuis 55 millions d’années et ont développé des systèmes biologiques leur permettant de vivre avec le virus durablement : à cet égard elles sont une source de solutions futures pour la recherche (source : Gérard LARCHER, référent concernant la rage à la SFEPM).

-  La capacité du virus à passer de la chauve-souris à l’Homme (d’une espèce à une autre) est très très faible. La transmission est possible par morsure ou griffure, néanmoins le franchissement de la barrière d’espèce est difficile pour le virus isolé chez les chauves-souris. Quelques cas ont été répertoriés à ce jour en Europe sur 1 chat en France, 1 fouine en Allemagne et plusieurs moutons au Danemark.


Pipistrelle qui s’était égarée. L’animal mesure 5 centimètres (de la tête à la queue) et pèse environ 6 grammes.

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Pour consulter l’article publié le 10/06/2015 par la Préfecture de l’Oise : c’est ici.

Si vous trouvez une chauve-souris blessée affaiblie :
- ne la manipulez-pas ni ne la touchez ;
- mettez-la délicatement dans un carton à l’aide d’un bâton ;
- fermez bien la boîte et laissez-la à l’extérieur dans un endroit le plus frais possible.
- contactez-le le SOS chauves-souris : 03.62.72.22.59

En cas de contact direct (morsure ou griffure) par une chauve-souris, contactez le centre antirabique le plus près de chez vous qui estimera l’opportunité d’une prise en charge médicale préventive. Le listing des centres antirabiques est disponible auprès de l’Institut Pasteur (ici).


Partager : http://l.picnat.fr/hlr

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